Les vibrations du confort

installation sonore conversationnelle - technique mixte | surface tactile - piezos, 6 hauts parleurs, porcelaine de Limoges, ronronnements, collaboration GMEA & Virage - Centre National de Création Musicale d’Albi-Tarn

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le ronronnement du chat incarne au mieux la notion de confort domestique, sorte d’illustration sonore du "bien-être chez soi", un chat sur les genoux que l’on caresse et qui ronronne. Lorsque l’on analyse le spectre sonore d’un chat, on voit apparaître principalement des sons très graves, étagés sur de fréquences de 25 à 50 hertz. Il s’agit de "basses" qui ont une action directe sur l’organisme. Des médecins orthopédistes ont utilisé l’action de ces fréquences pour consolider des fractures, pour soigner des arthroses aiguës. Avec pour résultats publiés, une accélération du processus de cicatrisation et la création de tissus nouveaux. En un mot, ces basses fréquences ont une action anabolisante. L’idée est ici de créer un espace permettant de fabriquer soi-même du "confort domestique" en reproduisant le geste de caresser, cette fois-ci non pas un chat mais une surface tactile, espace symbolique de la maison devant s’appréhender comme quelque chose de vivant avec lequel on entrerait en conversation. Le ronronnement s’installe ainsi aléatoirement au grès des caresses des visiteurs.

Cette pièce interroge à la fois les rapports que l’on entretient avec notre animal de compagnie et l’interdépendance qui se crée entre nous deux, mais également la notion de confort, de bien-être, et plus particulièrement le paradoxe entre une redéfinition qualitative du confort déconnectée de la consommation et notre quête continue du bonheur. Le confort domestique est une notion qui entre en lien direct avec le concept très anglais de home sweet home, sorte de valeur protestante associée au travail et à l’accumulation d’ "utilities", correspondant à un bien-être matériel, incarné ici par cette accumulation de chats en porcelaine. L’idée est de montrer le besoin permanent de chacun de se prémunir des éléments qui vont contre l’agréabilité de la vie, comme par exemple la pluie, le froid, la chaleur et du même coup de mettre en évidence la surconsommation d’objets propres à ces besoins, incarnée ici par cette grosse machine à ronrons. Peut-être oublie-t-on que le confort, le bien-être sont totalement dépendants de ce que l’on attend, mais aussi de chacun, du moment et ne sont surtout pas programmables. Et puis, le confort ne limite-t-il pas la liberté individuelle par l’incitation à la recherche continue du bonheur ?

© 2017  Hélène Olive

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